Rapport sur le Burundi au Conseil des Droits de l Homme durant sa 36ème session

Dans la droite ligne de la résolution y relative votée à l'issue de sa session précédente,le Conseil des Droits de l'Homme a accueilli le rapport de la Commission des experts présidée par Monsieur Fatsah OUGUERGOUZ,lors de la 36è session, plus précisément en date du 19 septembre 2017.C'était dans une ambiance controversée et contradictoire, étant donné que le Gouvernement du Burundi a rejeté en bloc ledit rapport. Aussi les trois membres de la Commission n'avaient pas été autorisés à se rendre dans le pays. Pour illustrer ce contexte, BANGWE et DIALOGUE vous propose les lignes rédigées par Agnès Nduhirubusa, journaliste du Groupe des presses IWACU du Burundi. Découvrez le par vous mêmes.
Droits Humains
Deux résolutions, un pays Par Agnès Ndirubusa, groupe de presse IWACU Bujumbura Burundi
"A l’issue de la 36ème session du Conseil des droits de l’homme, deux mécanismes différents pour le Burundi ont été adoptés. Une situation inédite. Les deux dispositifs adoptés font toujours des vagues. Il y a d’abord eu cette résolution proposée par le groupe africain. Un mécanisme qui est entré dans la danse 24h avant le coup d’envoi du bal des résolutions de Genève. Le groupe africain, soutenu par Bujumbura, a proposé un mécanisme qui met la justice burundaise à l’honneur. En effet, une commission de trois experts va débarquer au pays pour épauler la justice burundaise dans ses enquêtes. A la fin de son travail, elle établira une liste des crimes et des présumés auteurs. Ces experts transmettront ensuite leur rapport au gouvernement. Et ce sera aux juridictions burundaises de statuer.
Un mécanisme pas vraiment du goût de l’Union européenne, qui a décidé de maintenir son projet de résolution. Elle a donc soumis au vote du Conseil de Genève un mécanisme plus allégé. Le premier reprenait les grandes idées du rapport de la commission de Fatsah Ouguergouz : crimes contre l’humanité, sanctions ciblées et demande de saisine de la Cour pénale internationale. Par contre, le projet de résolution soumis au vote vendredi 29 septembre ne reprend rien de tel. Il mentionne juste l’extension du mandat de la commission Ouguergouz d’un an. « Un allègement pour gagner des votes africains, frileux de la CPI, » a expliqué un diplomate européen. Un succès pour l’UE qui a même pu rallier certains pays acquis à la cause de Bujumbura. La commission d’enquête aura donc un an supplémentaire pour continuer sa documentation sur les violations des droits de l’homme commis au Burundi. Elle avait déjà relevé des assassinats ciblés, des tortures, des disparitions forcées et des viols, etc. Dans son rapport, les hautes autorités de l’Etat, notamment le président de la République, sont pointées du doigt.
La CPI peut s'autosaisir Un chantier attend donc le Conseil des droits de l’homme qui devra mettre en place une nouvelle commission de trois experts. Ensuite, il sera question de définir leur cahier de charges, avant de les envoyer au Burundi. En même temps il sera aussi question d’envoyer l’autre commission, celle présidée par Fatsah Ouguergouz vers une direction inconnue jusqu’ici, mais pas au Burundi. « Les portes du Burundi lui resteront fermées », a déclaré une autorité sur place. Bujumbura a gagné une bataille : la demande de saisine de la cour de Bensouda n’est citée dans aucune des deux résolutions. Il retient quand même son souffle et regarde l’horloge tourner. Plus que deux bonnes semaines pour s’assurer de ne pas être poursuivi par la CPI. Pour rappel, La Haye peut agir indépendamment de Genève et débuter les enquêtes. Le Burundi a annoncé le retrait du Statut de Rome, le 27 octobre 2016. Son retrait effectif sonnera le 27 octobre prochain".

BANGWE Newsletter no16. Prix Fondation Sergio Vieira de Mello: La Femme nigeriane à l'honneur

La date du 21 août a été proclamée par les Nations Unies Journée mondiale de l'Aide Humanitaire. Pour 2017 c'est lundi 21 août qu'elle a été célébrée au Palais des Nations Unies de Genève. Un élément du programme a renforcé l'ambiance quelque peu émotionnelle habituellement observée à cette occasion: c'était la remise du Prix de la Fondation Sergio Vieira de Mello. La lauréate n'était autre que Dr Rebecca Samuel Dali du Nigéria.
Votre dévouée a participé pour vous aux manifestations de la journée. La première partie du programme portait sur la Table ronde sur le thème "La violence à l'encontre du système de santé, ses conséquences sur les populations affectées et sur l'aide et les travailleurs humanitaires"Des orateurs très expérimentés ont donné leur témoignage; parmi ces derniers figuraient M Bruno Jochum,Directeur Général Médecin Sans Frontières Suisse,et Dr Facely Diawara, membre de la Croix-Rouge guinéenne. Le Directeur Général de l'Office des Nations Unies à Genève avait prononcé une allocution introductive.
La figure humanitaire emblématique de Sergio Vieira de Mello est connue de tous. La Fondation en son nom a été créée après sa mort lors de l'attentat terroriste survenu le 19 août 2003 à Bagdad en Irak où il était Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies après avoir exercé la haute fonction de Haut Commissaire aux Droits de l'Homme. Cette Fondation délivre un prix aux personnalités qui se distinguent dans la défense des Droits Humains en général, la protection humanitaire en particulier.
Dr Rebecca Samuel Dali ( à gauche sur la photo) est née et a grandi au Nigeria. La faim, la pauvreté, des conditions socio-économiques difficiles de ses parents ont marqué son enfance. Le mariage précoce et forcé n'a pas de secret pour elle. Les difficultés respectives loin de la décourager ont forgé en elle une personnalité combative solide et des dispositions de femme engagée qui la conduiront à ce qu'elle est aujourd'hui: un leadership infatigable dans la défense des droits des femmes et filles en général et des victimes de l'organisation islamiste Boko Haram qui sévit au Nord Ouest du Nigéria en particulier.
La cérémonie de remise du prix dans la salle XX du Palais des Nations, pleine à craquer à l'occasion, a été suivie par une cérémonie de commémoration dans le hall situé derrière la même salle. La journée devait se clôturer par une réception offerte par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires.

Le fléau du trafic humain: quelles approches de solution?

Le trafic des êtres humains par leurs semblables est un phénomène vieux comme le monde. A titre d'exemple, la traite "négrière" dont l'Afrique fut victime des siècles durant était loin d'être un cas unique dans l'histoire de l'Humanité. Dans tous les cas de figure, les conséquences étaient notamment le pillage des richesses de "l'ennemi" mais aussi et surtout la réduction des vaincus à l' état d'esclaves.
A l'époque moderne, les formes jugées primitives ont disparu du moins sous les formes archaïques connues. On parle alors de formes contemporaines d'esclavages. Leur principale caractéristique est sans nul doute leur diversité notamment: petites domestiques travaillant des heures incalculables avec un salaire de misère, travail des enfants dans les mines, enfants soldats, femmes victimes de réseaux des proxénètes, les victimes des passeurs très couteux aux migrants etc etc.
De ces formes contemporaines d'esclavage, retenons que quelle que soit la diversité évoquée, le dénominateur commun est sans nul doute la recherche du profit financier à la base de tous les trafics. Pas seulement. La dimension genre ne peut pas être en reste car quand les victimes sont des femmes, les effets déjà marquants en général le deviennent doublement du fait d'autres formes d'exploitation ou de domination préexistantes et spécifiques.
Préoccupé par cette problématique dans son ensemble, l'organisation BANGWE et DIALOGUE en collaboration avec les partenaires a organisé une Table Ronde inter active sur la question en mars lors de la 34è session du Conseil des Droits de l'Homme. Les objectifs de ce projet étaient notamment: - Permettre une concertation et un échange entre différents partenaires engagés dans la lutte contre les pratiques concernées, soit au niveau national, régional et international. - favoriser la compréhension des enjeux et des défis inhérents aux mariages précoces ou forcés et le trafic des êtres humains et les divers défis de les combattre en vue de la protection des droits humains en général. - Apporter un éclairage sur l’inter connexion entre ces thématiques et le cas des familles mono parentales. L’expérience de terrain est important dans ce cadre. - Sensibiliser la Communauté internationale sur l’importance et l’urgence d’engager des actions concrètes pour des changements notoires. Les intervenant(e)s étaient d'un profil et d'une expérience et d'un niveau à la hauteur des objectifs ci-haut évoqués. Après leurs riches exposés, un échange fructueux a eu lieu entre la trentaine de participants.
Différentes informations ont été partagées. tout le monde a reconnu le caractère préoccupant du trafic humain sous ses différentes forme. Il a été recommandé aux organisations partenaires de renouveler l'initiative de rencontres sur le sujet.