BANGWE Newsletter no16. Prix Fondation Sergio Vieira de Mello: La Femme nigeriane à l'honneur

La date du 21 août a été proclamée par les Nations Unies Journée mondiale de l'Aide Humanitaire. Pour 2017 c'est lundi 21 août qu'elle a été célébrée au Palais des Nations Unies de Genève. Un élément du programme a renforcé l'ambiance quelque peu émotionnelle habituellement observée à cette occasion: c'était la remise du Prix de la Fondation Sergio Vieira de Mello. La lauréate n'était autre que Dr Rebecca Samuel Dali du Nigéria.
Votre dévouée a participé pour vous aux manifestations de la journée. La première partie du programme portait sur la Table ronde sur le thème "La violence à l'encontre du système de santé, ses conséquences sur les populations affectées et sur l'aide et les travailleurs humanitaires"Des orateurs très expérimentés ont donné leur témoignage; parmi ces derniers figuraient M Bruno Jochum,Directeur Général Médecin Sans Frontières Suisse,et Dr Facely Diawara, membre de la Croix-Rouge guinéenne. Le Directeur Général de l'Office des Nations Unies à Genève avait prononcé une allocution introductive.
La figure humanitaire emblématique de Sergio Vieira de Mello est connue de tous. La Fondation en son nom a été créée après sa mort lors de l'attentat terroriste survenu le 19 août 2003 à Bagdad en Irak où il était Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies après avoir exercé la haute fonction de Haut Commissaire aux Droits de l'Homme. Cette Fondation délivre un prix aux personnalités qui se distinguent dans la défense des Droits Humains en général, la protection humanitaire en particulier.
Dr Rebecca Samuel Dali ( à gauche sur la photo) est née et a grandi au Nigeria. La faim, la pauvreté, des conditions socio-économiques difficiles de ses parents ont marqué son enfance. Le mariage précoce et forcé n'a pas de secret pour elle. Les difficultés respectives loin de la décourager ont forgé en elle une personnalité combative solide et des dispositions de femme engagée qui la conduiront à ce qu'elle est aujourd'hui: un leadership infatigable dans la défense des droits des femmes et filles en général et des victimes de l'organisation islamiste Boko Haram qui sévit au Nord Ouest du Nigéria en particulier.
La cérémonie de remise du prix dans la salle XX du Palais des Nations, pleine à craquer à l'occasion, a été suivie par une cérémonie de commémoration dans le hall situé derrière la même salle. La journée devait se clôturer par une réception offerte par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires.

Le fléau du trafic humain: quelles approches de solution?

Le trafic des êtres humains par leurs semblables est un phénomène vieux comme le monde. A titre d'exemple, la traite "négrière" dont l'Afrique fut victime des siècles durant était loin d'être un cas unique dans l'histoire de l'Humanité. Dans tous les cas de figure, les conséquences étaient notamment le pillage des richesses de "l'ennemi" mais aussi et surtout la réduction des vaincus à l' état d'esclaves.
A l'époque moderne, les formes jugées primitives ont disparu du moins sous les formes archaïques connues. On parle alors de formes contemporaines d'esclavages. Leur principale caractéristique est sans nul doute leur diversité notamment: petites domestiques travaillant des heures incalculables avec un salaire de misère, travail des enfants dans les mines, enfants soldats, femmes victimes de réseaux des proxénètes, les victimes des passeurs très couteux aux migrants etc etc.
De ces formes contemporaines d'esclavage, retenons que quelle que soit la diversité évoquée, le dénominateur commun est sans nul doute la recherche du profit financier à la base de tous les trafics. Pas seulement. La dimension genre ne peut pas être en reste car quand les victimes sont des femmes, les effets déjà marquants en général le deviennent doublement du fait d'autres formes d'exploitation ou de domination préexistantes et spécifiques.
Préoccupé par cette problématique dans son ensemble, l'organisation BANGWE et DIALOGUE en collaboration avec les partenaires a organisé une Table Ronde inter active sur la question en mars lors de la 34è session du Conseil des Droits de l'Homme. Les objectifs de ce projet étaient notamment: - Permettre une concertation et un échange entre différents partenaires engagés dans la lutte contre les pratiques concernées, soit au niveau national, régional et international. - favoriser la compréhension des enjeux et des défis inhérents aux mariages précoces ou forcés et le trafic des êtres humains et les divers défis de les combattre en vue de la protection des droits humains en général. - Apporter un éclairage sur l’inter connexion entre ces thématiques et le cas des familles mono parentales. L’expérience de terrain est important dans ce cadre. - Sensibiliser la Communauté internationale sur l’importance et l’urgence d’engager des actions concrètes pour des changements notoires. Les intervenant(e)s étaient d'un profil et d'une expérience et d'un niveau à la hauteur des objectifs ci-haut évoqués. Après leurs riches exposés, un échange fructueux a eu lieu entre la trentaine de participants.
Différentes informations ont été partagées. tout le monde a reconnu le caractère préoccupant du trafic humain sous ses différentes forme. Il a été recommandé aux organisations partenaires de renouveler l'initiative de rencontres sur le sujet.

POEME DEDIE AUX FEMMES

Ce poème vous est dédié où que vous soyez et qui que vous soyez.
Le choix de la date de sa publication n'est pas dû au hasard: il paraît que le mois de février est dédié à l'amour version SAINT VALENTIN. Sur un autre plan moins idyllique pour ne pas dire problématique, les Nations Unies ont désigné la date du 6 février journée internationale contre les pratiques traditionnelles nuisibles à la Santé des Femmes et en tête d'elles la pratique d'excision.
Les auteurs? Un groupe de femmes représentant des associations membres du Centre de Liaison des Associations Féminines Genevoises sous la direction de la présidente de ce Centre, une femme encline aux activités artistiques et à la plume alerte, j'ai nommée Madame Stéphanie Metzger del Campo.
Et voilà le poème:
LE PETILLANT REVE
Le pétillant rêve d'être une femme est inscrit dans la voie lactée.
L'amour en cascade éveille un ruisseau de pure solidarité et de sororité audacieuse.
Nous les femmes osons la force dans la fragilité,
animons de beauté ce corps planétaire où les différences tissent nos identités.
Un jour toujours pour que les regards s'inspirent de bienveillance.
Nous les femmes, dans cette gratitude infinie nous sommes à l'aise,
car l'indicible jaillit de l'émotion du partage.
Les petits et grands bonheurs partagés entre femmes deviennent les grands bastions d'espérance et d'engagement qui vêtissent nos corps.
Les échanges découvrent nos dons inouïs que nous offrons avec l'amour inconditionnel.
Femmes, l'amour toujours!
Par Stéphanie Metzger del Campo et des collègues du CLAFG