BANGWE Newsletter no 18: Crises des Migrations en question: Qu'en dire?

Dans notre précédent article, nous vous informions qu un forum sur les Femmes et les Migrations a été organisé en date du 23 février 2018 par un groupe d'ONG internationales dont BANGWE et DIALOGUE/ONG. A cette occasion, votre dévouée a fait une présentation sur le volet des causes des Migrations dans le contexte historique et contemporain. Dans les quelques lignes qui suivent, il nous a semblé opportun de vous livrer l'essentiel de ladite intervention vu l'attention soutenue réservée à la question des Migrations tant au niveau des pays qu'à l'échelon de la Communauté internationale.
Les migrations représentent  une problématique d’actualité et objet de préoccupation dans toutes les régions du monde. Notons qu'en date du 11 octobre 2017 un forum avait été organisé au Palais des Nations où les institutions partenaires avaient mis l'accent  sur les crimes liés  au trafic des êtres humains, sujet de grand intérêt à l'Organisation BANGWE et DIALOGUE/ONG que j'ai l'honneur de diriger.
Mon propos est axé sur les principales causes des Migrations sous l’angle d’un aller retour dans l’Histoire humaine et dans le contexte actuel. Il est en effet judicieux de jeter un regard en arrière sur les grandes époques afin de repérer les différences ou les répétitions des phénomènes humains. En d’autres termes, il s’agit de répondre à la question de savoir si les causes des migrations ont changé à travers le temps par rapport aux crises actuelles et récentes et en quoi.

Mais tout d’abord, entendons-nous sur le se sens des mots et des notions.
 Migrations, crises des migrations. De quoi s’agit-il au juste ?
En Géographie humaine, le terme « migrations » désigne l’ensemble des mouvements d’individus ou d’un groupe humain donné, consistant à aller s’établir ailleurs que sur leur sol de référence, ou ceux qui viennent s’établir dans un autre endroit ou pays considéré comme étranger à celui où ils résidaient. Cela peut se faire de façon volontaire ou forcée.
Aperçu sur les grandes époques marquées par les Migrations. Déjà à l’époque de la chasse et de la cueillette, les humains se déplaçaient beaucoup pour des raisons de subsistance.  Les migrations forcées seraient apparues avec la sédentarisation de l'ère  néolithique suite à l’apparition des guerres pour les vues de domination et d’hégémonie. Les premières civilisations gréco-romaines s’illustreront de façon séculaire et par de nombreuses les migrations. Avant les inventions maritimes on parlait de routes et villes commerciales par caravanes. Exemple pris de la route du Sahara, la route de la soie, et j’en passe.
 Les progrès survenus dans le domaine des navigations maritimes au Moyen âge auront une portée planétaire surtout suite à la découverte de l’Amérique centrale et le peuplement de l’Amérique du Nord. Ces époques ont été marquées notamment au fer rouge par le crime de la traite négrière durant des siècles où les zones côtières de l’Afrique étaient pratiquement vidées. Les peuplements de l’Amérique du Nord, de l’Australie et de la Nouvelle Zélande, était due à plusieurs causes conjuguées : l’industrialisation et les fortes démographies, les guerres de religion, la recherche des terres et espaces considérés encore comme vides et regorgeant de matières premières. Le peuplement de la province du Cap en Afrique australe par des migrants blancs sont à situer dans ce cadre.
 Les migrations sans précédent interviendront au XXe siècle, siècle des grandes découvertes techniques et scientifiques, de l’avion, siècle de l’expansion coloniale par l’Europe, siècle des deux guerres mondiales.
 Les grandes migrations des pays dits du Tiers Monde vers le Nord (Afrique vers l’Europe, et Amérique latine vers les Etats Unis et le Canada, Sud Est asiatique vers l’Australie et les Côtes africaines de l’Océan indien se sont intensifiés après les années 1960, époque dite de la décolonisation. Dans leur grande partie, ces migrations n’étaient pas forcées, déjà qu’elles étaient encouragées par les anciennes puissances coloniales, dont l’industrialisation se poursuivait sur fond de besoins en main d’œuvre. Les élites des pays nouvellement indépendants émigraient pour des raisons de formation et de coopération.
Crises des Migrations dans le contexte actuel Les migrations vers l’Europe ont commencé à poser problème suite aux crises économiques observées depuis les années 1980. Les lois restrictives ont vu le jour, les conditions de voyage en terme de visas plus difficiles, les manifestations xénophobes observées jusqu’au sein des formations politiques.
Dès les années 1990, on a assisté à des mouvements massifs des populations dues aux guerres civiles ayant suivi la chute du Mur de Berlin et la fin de la guerre froide. Et là le terme de crise était très approprié quand on pense aux mouvements des populations de la sous région des Grands Lacs après le génocide des batutsi du Rwanda, aux populations somaliennes, aux soudanais du Dar Four, en Sierra Leone et Liberia. La dislocation de l’ex Yougoslavie marquée par les guerres des Balkans remontent de la même époque. Les pays de l’Union Européenne étaient la destination prioritaire pour ces populations. En Afrique, la destination des migrants qui partaient massivement était les pays limitrophes des zones de guerre. Est-ce pour cela qu’elles ont bénéficié d’une attention relative ? On peut le penser d’autant plus qu’en plus des populations qui franchissaient la frontière, les autres devenaient des réfugiés dans leur propres pays càd les déplacés intérieurs.
Les crises récentes objet de préoccupation actuelle ont été générées par les « printemps arabes » et la faillite de certains Etats dont l’Irak, la Syrie, la Lybie, sans parler de l’Afghanistan. Néanmoins ce sont les migrants venant de l’Afrique Sub saharienne qui est dans le point de mire des opinions publiques, car ils ou elles sont les plus exposés aux crimes de trafic des êtres humains y compris les formes contemporaines d'esclavage
Une autre migration passe inaperçue vu qu’elle s’opère dans des conditions moins voyantes et plus luxueuses que d’autres. J’ai nommé les migrants européens surtout les jeunes et les promoteurs d’entreprises qui partent en assez grand nombre en Afrique ou ailleurs dans les pays du Sud pour des raisons économiques, d'emploi, de prise en charge de fin de vin etc.
En conclusion nous pouvons affirmer que  les migrations sont une réalité de tous les temps dont l’ampleur dépendait du niveau des connaissances scientifiques et technologiques notamment au niveau des moyens de transports. Les guerres et les crises politiques ou religieuses étaient les causes majeures aux migrations massives.
Pour les jeunes Nations anciennement colonisées, les principales causes sont à rechercher dans la faillite en Démocratie, les guerres civiles, les conditions socio-économiques, les causes climatiques, les iniquités caractérisant le marché des matières premières entre les pays producteurs et les pays industrialisés.
La vague de manifestations dénommées « printemps arabe » et les crises du Moyen Orient ont entraîné des migrations massives vers soit les pays voisins, soit au Nord de la Méditerranée, donc en Europe.
Toutes les solutions pouvant ralentir ou stabiliser les mouvements migratoires dans le monde en général et en Afrique en particulier sont à rechercher dans le partage des richesses à travers les politiques avisées et la coopération équitable. La gestion politique démocratique, le respect et la promotion des Droits Humains, l’arrêt du pillage des matières premières, la rigueur dans les équilibres budgétaires, les systèmes éducatifs basés sur la qualité et la quantité, autant de pistes et d’autres où qui permettrait la maitrise des flux migratoires des populations jeunes et la fuite des cerveaux des zones défavorisées vers celles plus nanties.

Colette Samoya Mars 2018

Forum on Women and Global Migration: Root causes and Innovative Solutions

This forum was organised on the 23th February 2018 at the Palais des Nations Room XI by ZONTA international in cooperation with other parteners ECOSOC Statute. BANGWE and DIALOGUE was one of among them.
The following diplomatic figures attended to the official opening of the forum and took the floor for some welcome remarks:
- M. Michael Moller, Director General of the UN Office at Geneva
- H.E Mr Olaph J. Terrible, Ambassador of Malta
- H.E Mr Hassane Boukili, Deputy Permanent Representative to the UN of Morrocco
H.E.Mr Maurizio Enrico Serra, Ambassador of Italy
The agenda was debated in two sessions
The topic of the first session was: Factors affecting migration flows
Three presentations were made by
- Sonja Hönig Schough, international president Zonta international and Zonta international Foundation
- Colette Samoya, former Ambassador R.P Burundi and Founder and president of BANGWE and DIALOGUE/NGO
- Micheline Makou Djouma, preident of Ocaproce International
The second session was related to the topic on Innovative solutions in Migration Policy and Practice
The following experts made presentations:
- Ms gloria Moreno-Fontes Chammartin: Specialist in Migration policies, International Labor Organization
- Ms. Madi Sharma, Entrepreneur, european economic and Social Council, European Commission, Brussels
- Dr. Brian Grim, President, Religious Freedom& Business Foundation
- Mr Patrick Taran, President, global migration policy Associates
Exchanges and debats were inter actives and concrets. Many Clonclusions and recommandations were adopted .

BANGWE newsletter no 17.Votre newsletter pour les meilleurs souhaits

BANGWE et DIALOGUE/ONG a le plaisir d'adresser à tous les membres du Comité de soutien et à ceux de ses réseaux et partenaires les meilleurs vœux de paix et de prospérité durant toute l'année 2018. Que cela s'observe chez eux, autour d'eux et partout dans le monde.Dans ces quelques lignes, nous vous proposons en outre de porter notre regard sur l'essentiel de l'action de l’année écoulée, et sur ce qui est prévu en 2018. D'ores et déjà, rappelons que la stratégie de travailler en synergie continue à prévaloir. Cela nous permet de faire face aux limites en moyens d'action et d'acquérir une plus grande visibilité.
D'abord un coup d’œil sur la situation de la région concernée par l'action de BANGWE et DIALOGUE Comme en 2016, le Burundi est resté dans le point de mire de la Communauté internationale, du Haut Commissariat des Nations Unis pour les Droits de l'Homme en particulier en ce qui concerne la violation massive des Droits de l'Homme. Un rapport des experts a été diligenté. La 36è session du Conseil des Droits de l'Homme de septembre 2017 devait adopter deux résolutions presque controversées sur le travail des experts, chose inédite au sein de cette institution Nous avons participé pour vous à toutes les séances en qualité d'observateurs attentifs vu que le retour de la paix et de la concorde au Burundi nous tient à cœur.
Voisin du Burundi, la République démocratique du Congo (RDC) a également fait objet de préoccupation en matière de protection et de promotion des Droits Humains. A l'instar du Burundi, des défis ont entravé l'alternance au pouvoir. Les élections générales qui avaient été convenues entre l'opposition et le gouvernement en place pour décembre 2018 n'ont pas pu se tenir.La situation a provoqué et provoque encore des tensions observées et leurs répercussions dans les différents secteurs de la vie du pays. Dans le domaine de la lutte contre l'impunité des crimes sexo-spécifiques, un pas positif a été marqué par le procès de Kavumu au Sud Kivu où des présumés coupables ont répondu devant la justice. Plusieurs Organisations de lutte pour les Droits Humains au niveau local et international y ont joué un rôle important.
Le Rwanda a organisé des élections relativement très apaisées en été 2017. Le pays continue de jouir d'une image de stabilité et de développement au sein des Institutions régionales, voire de toute l'Union africaine. En effet c'est ce pays qui a été élu à la présidence de cette Organisation pour l'exercice 2018.
Dans cette sous région des Grands Lacs africains, tant l'action menée en 2017 que celle envisagée en 2018 par les réseaux BANGWE et DIALOGUE s'inscrit dans le cadre d'initiatives locales notamment dans les domaines de l'engagement pour la défense, la promotion et la protection des Droits Humains. Un accent particulier est mis sur la lutte contre les violences basées sur le genre. La scolarisation des filles issues des familles vulnérables reste une grande préoccupation. La création de coopératives d'entraide se poursuit au Burundi et à Bukavu en RDC. BANGWE et DIALOGUE encourage beaucoup l'accès aux circuits d'information et d'échanges avec les femmes d'ailleurs en Afrique et dans le monde. Au niveau international, le Comité de soutien basé à Genève s'implique dans les actions initiées en partenariat avec les autres organisations, en particulier celles regroupées au sein du Comité sur le Statut de la Femme de Genève. A ce titre BANGWE et DIALOGUE coorganise des forums sur des sujets en rapport avec les missions des ONG respectives. C'est le cas des rencontres "sidevents" organisés sur le sujet de préoccupation internationale et d'actualité: la question dénommée la crise des Migrants. Un forum a été organisé dans ce cadre en mars 2017 sur le sous thème du trafic des êtres humains. Une journée sur les Migrations, la paix et la Sécurité est prévue le 23 février 2018. Enfin une deuxième Session sur le trafic des êtres humains dans le cadre des migrations est prévue au mois de juin 2018. Nous vous tiendrons informés des résultats de chaque projet.
La Coordination